about

–  Qui est Henry Pouillon ?
–   Je suis le fils du poète Alain Cléry, décédé prématurément en 1990. J’ai fait des études d’histoire de l’art, matière que j’enseigne depuis une vingtaine d’années.  Je dois beaucoup au peintre Pierre-André Ronval, au sculpteur René Harvengt et à Marcel Moreau que j’ai eût la chance de rencontrer.

D’où vient l’impulsion de la création ?
– Je n’en sais trop rien…En ce qui me concerne, le côté humain est déterminant.  Mon travail parle souvent des gens.  Par exemple, les quatres images exposées ici font partie d’une suite de 17 gravures intitulée e comme Emma. Emma est un ange. Un ange qui se débat entre enfance et maturité, entre père et mari.
J’aime aussi  laisser une part au hazard et aux découvertes que l’on peut faire dans le processus de création : j’utilise le scanner comme un outil de monotype classique ; je ne cherche pas trop à prévoir l’image qui sortira du scanner ou de la presse.

-Comment qualifieriez-vous votre travail de peintre ?
– J’essaie de croiser plusieurs envies, plusieurs méthodes. La révolution infographique oblige la peinture à se redéfinir mais je ne vais pas vous faire un cours.  J’aime les épaisseurs, les matières, le beurre sur la tartine. Même si une certaine simplicité, une désaturation me semblent nécessaires.

– Vous considérez-vous comme un créateur ?  Qu’est-ce qu’un créateur ?
– J’ai lu chez un écrivain canadien dont j’ai malheureusement oublié le nom que les gens étaient « distraits de l’art ».  C’est très vrai.  Je crois aussi qu’il faut décloisonner, hybrider et rester humble.  L’important c’est de faire son métier avec passion que l’on soit mécanicien, chirurgien-traumatologue ou poète.
« Tout homme  [et toute femme]   est un[e]artiste », disait Joseph Beuys.

– Quelle est votre actualité pour 2012 ?
– Il y a une exposition d’images numériques prévue au printemps à la Maison de la Laïcité de Mons ; je cherche aussi un lieu pour exposer des travaux sur le thème du mémorial construit par Peter Eisenman à Berlin, ce champ de stèles installé au sud  de  la Porte de Brandebourg ; un lieu exceptionnel…  Au-delà du musée et du mémorial à la Shoah à propremment parler, Eisenman a réussi  là un véritable espace public ; les gens se sont approprié ce lieu ; cela manque dans nos grandes villes.

[interview Sabam 2011 dans le cadre de leur Apéro Galerie]

henry pouillon – art numérique – peinture